Le Maté dans la culture argentine

Considérée comme une boisson par les étrangers, il en est bien tout autre pour les Argentins.

Bien plus qu’une boisson, le Maté, ou Yerba maté, est une coutume symbolique de la culture et de la solidarité nationale argentine. Les habitudes autour du Maté sont différentes selon chacun mais pour tous les argentins, il est associé au partage entre amis.

Qu’est-ce que le Maté ?

Il s’agit d’une infusion à base de feuilles de Maté, cultivées, récoltées et travaillées. Le maté se compose de 4 éléments : l’herbe (la yerba), le récipient appelé également « Maté », la paille métallique (la bombilla) munit d’un filtre en sa base qui permet de l’aspirer, et enfin l’eau.

Le récipient est fait généralement de métal, de bois ou de calebasse selon les goûts. Chacun a sa préférence en matière de récipient Maté. Avant de l’utiliser pour la première fois, il convient de « curar » son récipient Maté, pour le préparer à recevoir le breuvage sacré. L’eau quant à elle doit être chauffée à 65 degrés, pas plus. Elle ne doit pas bouillir au risque d’obstruer la saveur de l’herbe.

Ses vertus

Le maté est un stimulant quotidien aux effets semblables à ceux du café ou du thé.
Il apporte de l’énergie, c’est un stimulant pour le système nerveux, moteur de l’activité mentale et permet une résistance à la fatigue physique et mentale.

Il aurait également des vertus bénéfiques pour la santé en apportant des vitamines A, B, C et E.
Selon certains, grâce à la présence de nombreux antioxydant, la boisson préviendrait les maladies cardiovasculaires et le vieillissement cellulaire. Pour d’autres, elle serait également utilisée pour traiter les douleurs rhumatismales et traiter les dépressions nerveuses.

Son histoire

La plante Maté se cultive près des fleuves et dans des forêts situées à 500 – 700 m d’altitude. Elle est apparue en Argentine dans les régions de Corrientes et Misiones. Son origine remonte au peuple indien Guarani du XVe au XVIIe siècle. Pour le peuple Guarani, l’arbre de Yerba Mate était un arbre béni des dieux par excellence, un cadeau du ciel.

Au cours du XVIIe siècle, les jésuites dans le Nord Est du pays, lors de la construction des missions ont initié les premières cultures organisées de Maté et sa diffusion à travers le pays. La boisson est aussi connue sous le nom de thé des jésuites pour cette raison. Puis les espagnols lors de leur conquête du pays ont adopté à leur arrivée cette coutume nationale.

Enfin à l’indépendance du pays, le maté en devenant l’un des symboles des Gauchos (ces cowboys libres et indépendants qui occupaient la Pampa grande) au même titre que l’asado argentin (la viande argentine grillée) a affirmé son titre culturel.

Au cours des années, les plantations de Maté se sont développées et améliorées. Les herbes se sont aromatisées et diversifiées pour répondre au goût de chacun. Aujourd’hui, boisson de l’Amérique latine par excellence, on trouve des plantations d’herbe Maté sur tout le continent ; au Paraguay, au Brésil, en Uruguay, en Bolivie et au Chili.

L’Argentine est toutefois le principal producteur et exportateur au monde d’herbe Maté. Parmi ses principaux pays importateurs, on trouve le Liban et la Syrie. Le Maté aurait été importé en Syrie par des familles émigrées d’Argentine. En Syrie, la boisson est préparée dans un simple verre comme pour un thé mais elle se prépare et se savoure selon le même rituel en ronde.

La cérémonie du Maté

La préparation du Maté ressemble à une cérémonie et est soumise à de nombreux rites. Le Maté peut se boire en solo mais traditionnellement il se boit « partagé ». Dans ce cas, il se partage en formant une ronde et chaque personne conviée boit un même maté commun.

La première personne à boire le maté est celui qui le prépare et le sert à chaque personne du cercle. Celui-ci (el cebador) a une fonction principale celle de « cebar el maté », il ne s’agit pas seulement de verser l’eau, l’expression évoque une fonction plus complète celle de participer activement à la dégustation du Maté.

Cette fonction requiert une connaissance et un soin spécifique à la préparation d’un bon maté. Dans l’art de « cebar un buen maté » chacun possède sa propre particularité et exerce son art. L’eau doit être versée toujours au même endroit, la paille métallique qui permet d’aspirer le maté doit être placée stratégiquement et ne doit pas être déplacée au risquer de s’obstruer. Le récipient se passe ensuite de main en main de façon successive, jusqu’à compléter le cercle plusieurs fois.

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